France
Taxe d'habitation et location Airbnb : ce que doit payer le propriétaire
Louer sur Airbnb ne fait pas toujours payer la taxe d'habitation. Selon l'usage du logement : impôts locaux dus, CFE et obligations de la loi Le Meur.

Louer son logement sur Airbnb ne fait pas toujours payer la taxe d'habitation. Tout dépend de l'usage du bien : résidence principale louée quelques semaines, résidence secondaire dont vous gardez la jouissance, ou logement entièrement dédié à la location touristique. Voici, cas par cas, les impôts locaux dus par le propriétaire et les obligations issues de la loi Le Meur du 19 novembre 2024.
Qui paie encore la taxe d'habitation en 2026 ?
Depuis 2023, la taxe d'habitation est supprimée pour toutes les résidences principales, quel que soit le revenu du foyer. Elle subsiste pour les résidences secondaires et les autres locaux meublés dont vous conservez la disposition. Un logement loué sur Airbnb y est donc soumis ou non selon l'usage que vous en faites.
La taxe est calculée d'après la situation au 1er janvier. Tout changement d'occupation de vos biens (logement devenu résidence secondaire ou meublé de tourisme, par exemple) se signale dans le service « Biens immobiliers » de votre espace sur impots.gouv.fr, avant le 1er juillet.
Louer sa résidence principale sur Airbnb : faut-il payer la taxe d'habitation ?
Non. Tant que le logement reste votre résidence principale, vous ne payez pas de taxe d'habitation. La résidence principale est le logement occupé au moins huit mois par an : au-delà de 120 jours de location dans l'année civile, il perd ce statut. Depuis le 1er janvier 2025, la commune peut, par délibération motivée, abaisser ce plafond à 90 jours par an, rappellent les notaires de France.
La location de tout ou partie de votre habitation personnelle (résidence principale ou secondaire) en meublé de tourisme est en principe exonérée de CFE, sauf délibération contraire de votre commune. Les revenus perçus restent à déclarer à l'impôt sur le revenu.
Résidence secondaire louée sur Airbnb : quels impôts locaux ?
Si vous louez votre résidence secondaire certaines semaines et l'occupez le reste du temps, vous en gardez la disposition : la taxe d'habitation reste due. Selon impots.gouv.fr, vous pouvez alors devoir à la fois la taxe d'habitation et la CFE.
Dans les communes situées en zone tendue, le conseil municipal peut majorer la part communale de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires de 5 % à 60 %. Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de fixer vos tarifs. Si votre projet d'achat n'est pas encore arrêté, notre article sur l'achat d'une résidence secondaire à la montagne détaille les points à anticiper.
Logement dédié à la location touristique : taxe d'habitation ou CFE ?
Un logement loué en meublé de tourisme tout au long de l'année, qui n'est pas votre habitation personnelle, n'est pas soumis à la taxe d'habitation. La location meublée étant une activité commerciale, vous êtes en revanche redevable de la cotisation foncière des entreprises, sauf si vos recettes annuelles ne dépassent pas 5 000 € (règles de la CFE en location meublée).
| Situation | Taxe d'habitation | CFE |
|---|---|---|
| Résidence principale louée moins de 120 jours par an (ou plafond communal) | Non | Exonérée, sauf délibération contraire de la commune |
| Résidence secondaire louée par périodes, occupée le reste du temps | Oui, majoration possible en zone tendue | En principe exonérée (habitation personnelle), sauf délibération contraire de la commune ; due dans ce cas au-delà de 5 000 € de recettes |
| Logement loué à l'année en meublé de tourisme | Non | Oui, au-delà de 5 000 € de recettes |
Qu'est-ce que la loi Le Meur a changé pour les propriétaires ?
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 renforce la régulation des meublés de tourisme : enregistrement généralisé, exigences de DPE, règles de copropriété et fiscalité moins avantageuse pour les meublés non classés. Les principaux changements :
- Enregistrement : un numéro d'enregistrement est déjà exigé dans de nombreuses communes. Selon service-public.gouv.fr (actualité du 27 juillet 2026), un téléservice national, annoncé pour le quatrième trimestre 2026, rendra l'enregistrement obligatoire dans toutes les communes. D'ici là, la démarche se fait auprès de votre mairie. La loi porte l'amende pour défaut de déclaration à 10 000 € au plus, et à 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro.
- Changement d'usage : dans les communes qui l'appliquent, louer une résidence secondaire en meublé de tourisme nécessite une autorisation préalable. Depuis le 21 novembre 2024, elle n'est délivrée que si le DPE est classé entre A et E (entre A et D à partir de 2034).
- DPE : à partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme qui ne sont pas la résidence principale du loueur devront être classés entre A et D en métropole.
- Copropriété : tout nouveau règlement doit dire si la location touristique est autorisée, et vous devez informer le syndic de votre activité.
- Fiscalité : pour les revenus 2025 et 2026, le micro-BIC applique un abattement de 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes pour un meublé non classé, et de 50 % pour un meublé classé (plafond de 77 700 € pour 2025, 83 600 € pour 2026).
Le calendrier du DPE pour les locations longue durée est différent : nous le détaillons dans notre article sur l'interdiction de louer les passoires thermiques.
Questions fréquentes
Dois-je payer la taxe d'habitation si je loue ma résidence principale sur Airbnb ?
Non, tant que le logement reste votre résidence principale, c'est-à-dire occupé au moins huit mois par an et loué au maximum 120 jours, ou moins si votre commune a abaissé ce plafond jusqu'à 90 jours.
Un meublé de tourisme loué toute l'année paie-t-il la taxe d'habitation ?
Non, s'il n'est pas votre habitation personnelle. Vous êtes en revanche redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) lorsque vos recettes annuelles dépassent 5 000 €.
La taxe de séjour est-elle à ma charge ?
La taxe de séjour est payée par les voyageurs. Lorsque la plateforme intervient comme intermédiaire de paiement, c'est elle qui la collecte et la reverse à la commune. Dans les autres cas, c'est à vous de la percevoir : renseignez-vous auprès de votre mairie.
Quelle différence entre meublé classé et non classé ?
Le classement, de 1 à 5 étoiles, est une démarche volontaire valable cinq ans. Il ouvre droit à un abattement fiscal plus favorable en micro-BIC : 50 % au lieu de 30 %.
Puis-je louer en meublé de tourisme dans une copropriété ?
Oui, si le règlement de copropriété ne l'interdit pas. Depuis la loi Le Meur, lorsque le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots d'habitation, l'assemblée générale peut voter l'interdiction des meublés de tourisme.
Louer en courte durée, à l'année ou vendre : comment choisir ?
Entre fiscalité, DPE et règles locales, la location touristique demande plus de rigueur qu'auparavant. Pour comparer avec une location à l'année ou une vente, consultez les prix de l'immobilier dans votre commune et nos conseils pour bien investir dans l'immobilier, puis demandez une estimation gratuite de votre bien. Une agence immobilière du Guide qui connaît la réglementation de votre commune pourra ensuite vous accompagner.
