Depuis la réforme du DPE de juillet 2021, vendeurs et acquéreurs ne peuvent plus ignorer ce document : il conditionne directement la valeur du bien, les obligations de travaux et, dans certains cas, la possibilité même de louer ou de vendre. Qu'il s'agisse de vendre un appartement classé F ou G, ou d'acheter une maison à rénover, la fiabilité du diagnostic conditionne directement le juste prix et la légalité de la vente.
Pourtant, une dérive préoccupante s'est développée sur le marché : le DPE de complaisance. Ce phénomène de fraude au diagnostic énergétique fausse la perception des acquéreurs et expose les vendeurs à des litiges judiciaires sévères.
Un DPE de complaisance est un rapport d'expertise volontairement embelli par un diagnostiqueur immobilier, souvent sous la pression d'un propriétaire cherchant à éviter la décote liée aux « passoires thermiques ». Le résultat : une étiquette énergétique artificiellement favorable, sans lien avec la réalité du bâti.
Le système de notation, allant de la classe A (logement très basse consommation) à la classe G (logement très énergivore), impacte directement la valeur verte du bien immobilier. Un diagnostic falsifié vise généralement à :
• Masquer l'obligation de réaliser un audit énergétique réglementaire (obligatoire pour les logements classés F et G depuis le 1er avril 2023).
• Contourner l'interdiction de mise en location des logements classés G (effective depuis le 1er janvier 2025 pour les nouveaux contrats de location en France métropolitaine).
• Justifier un prix de vente au m² surévalué, sans tenir compte des travaux de rénovation énergétique nécessaires.
Note d'expert : Un diagnostic immobilier non conforme n'est pas seulement une erreur technique. Il constitue un vice caché potentiel au sens de l'article 1641 du Code civil, susceptible d'entraîner l'annulation de la vente ou une réduction substantielle du prix après signature.
Face à la multiplication des DPE suspects, les autorités ont renforcé les contrôles et durci les sanctions applicables aux professionnels comme aux vendeurs.
1. Des contrôles renforcés par l'ADEME et les organismes d'accréditation
L'Agence de la transition écologique (ADEME) centralise les données DPE dans sa base nationale et procède à des analyses statistiques régulières. Si un diagnostiqueur affiche un taux de logements classés « C » ou « D » anormalement élevé dans une zone composée majoritairement de bâti ancien, une alerte est transmise au Comité français d'accréditation (COFRAC), qui peut déclencher un audit de contrôle inopiné.
Par ailleurs, les organismes certificateurs (tels que Certibat ou LNE) peuvent suspendre ou retirer la certification d'un diagnostiqueur dont les rapports présentent des anomalies récurrentes.
2. Responsabilité civile et pénale du diagnostiqueur
Un diagnostiqueur ayant établi un DPE frauduleux s'expose à :
• Une amende administrative pouvant atteindre 1 500 € par infraction constatée (article L271-6 du Code de la construction et de l'habitation), pouvant être portée à 3 000 € en cas de récidive.
• Des poursuites pénales pour faux et usage de faux (article 441-1 du Code pénal), passibles de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
• La suspension ou le retrait définitif de sa certification professionnelle.
• La mise en jeu de son assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) en cas de litige avec l'acquéreur ou le locataire lésé.
Le vendeur est le premier responsable de la remise d'un Dossier de Diagnostic Technique (DDT) fiable. En cas de DPE frauduleux avéré, l'acquéreur peut engager une action en justice pour :
• La résolution de la vente (annulation judiciaire de la transaction) sur le fondement du vice caché.
• Une réduction du prix de vente correspondant au coût réel des travaux nécessaires pour atteindre la classe énergétique annoncée dans le DPE.
• L'obtention de dommages et intérêts si une faute intentionnelle du vendeur est démontrée.
Le DPE de complaisance est une fraude aux conséquences lourdes pour toutes les parties : annulation de vente, sanctions pénales, perte de certification professionnelle. Face à la montée en puissance des contrôles et au renforcement du cadre légal, vendeurs comme acquéreurs ont tout intérêt à s'entourer de professionnels certifiés et à recouper les informations du diagnostic avec d'autres sources (factures d'énergie, devis de travaux, audit indépendant).
Pour rester informé des évolutions réglementaires et des obligations liées au DPE, consultez régulièrement les publications officielles de l'ADEME et du ministère chargé du Logement.
Un DPE de complaisance est un diagnostic de performance énergétique volontairement falsifié par un diagnostiqueur, généralement sous la pression du propriétaire vendeur. L'objectif est d'obtenir une meilleure classe énergétique que celle réellement atteinte par le logement, afin d'éviter une décote sur le prix de vente ou l'interdiction de louer.
Oui. Depuis le 1er novembre 2021, le DPE est pleinement opposable juridiquement. Un DPE frauduleux peut être requalifié en vice caché au sens de l'article 1641 du Code civil, ce qui permet à l'acquéreur de demander l'annulation de la vente ou une réduction du prix correspondant au coût réel des travaux de rénovation énergétique.
Un diagnostiqueur auteur d'un DPE frauduleux s'expose à une amende administrative allant jusqu'à 1 500 € par infraction (3 000 € en cas de récidive), à des poursuites pénales pour faux et usage de faux pouvant atteindre 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, ainsi qu'au retrait définitif de sa certification professionnelle.
L'interdiction de mettre en location les logements classés G est effective depuis le 1er janvier 2025 pour tout nouveau contrat de location signé en France métropolitaine. C'est précisément pour contourner cette obligation que certains propriétaires font pression sur les diagnostiqueurs afin d'obtenir un classement F ou E à la place.
Plusieurs indicateurs permettent de détecter un DPE suspect : une visite du diagnostiqueur inférieure à 1 heure, l'absence de photos ou de factures justifiant les matériaux déclarés, l'utilisation d'une méthode de calcul autre que la 3CL-DPE 2021, ou des recommandations de travaux trop génériques. Vous pouvez également vérifier la certification du professionnel sur l'annuaire officiel de l'ADEME.
L'ADEME centralise l'ensemble des DPE dans sa base nationale et procède à des analyses statistiques régulières. En cas d'anomalie, elle transmet une alerte au COFRAC (Comité français d'accréditation), qui peut déclencher un audit inopiné. Les organismes certificateurs comme Certibat ou LNE peuvent quant à eux suspendre ou retirer la certification d'un diagnostiqueur dont les rapports sont jugés non conformes.